Lecteurs nombreux et assidus, n’attendez plus un signe de Dieu ou du destin: Nous revoilà. Après des mois d’absence dû à des recherches intensives sur le pain de marque Pom, vos “blogueurs” préférés sont de retours. Avec de bien sombre nouvelles.
Il semble en effet que le pain Pom, bien connu pour son goût infect et son grain peu appétissant, aie pris sa revanche sur ceux qui l’avaient snobbé, en se présentant désormais sous une forme extrêmment attrayante: Les “Family Duo Pack”. Comment la mère ordinaire d’une famille de classe moyenne pourrait-elle résister? Deux pains Poms dans un seul grand sac, pour une fraction du coût de pains Poms séparés. Du crack pur pour un budget d’épicerie! Et alors que la concurrence tente vainement d’imiter la recette, le Pain Pom se taille une place non-négligeable sur le marché des doubles sacs de pains, et séduit chaque jour plus de familles. Alors que les hauts-responsables de Pom Corporation affirment qu’il s’agit simplement de combler un besoin, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Nous n’assistons pas ici seulement à l’émergence d’un nouveau produit, mais bien à l’invasion d’un phénomène populaire qui pourrait bientôt être comparé à l’arrivée des I-Pod sur le marché des lecteurs de musique!
En effet, 65,74% des familles québécoises disent avoir déjà essayé le pain Pom. 38,89% disent en acheter régulièrement, et, tenez-vous bien, 24,37% affirment apprécier le format Family Duo-Pack. 24,37%!!!!!!!!
C’est énorme. Et c’est une fraction non-négligeable de l’électorat. Il est à douter que le politique refuse de se mêler à ces histoires où il s’aliénerait, d’une façon ou d’une autre, une fraction importante de la population. Dans toute cette affaire, flotte un “parfum indéfinissable” de lourds intérêts financiers et gouvernementaux. Je reprends ici le phrasé de Paul Martel, célèbre auteur de “Droit des Compagnies au Québec”, afin de signifier à quel point une aura de mystère flotte autour du Pain Pom.
Soyons donc sur nos gardes, et plus que jamais! Beaucoup me diront que le pain Pom, sous sa forme actuelle, ne représente aucune menace. Mais peu à peu, la qualité de la farine et du pain en général diminuera et nous nous retrouverons envahi par un pain bon-marché insipide. Qu’arrivera-t-il à nos grilled cheese, si D’Italiano n’arrive plus à payer ses employés? Qu’adviendra-t-il de nos pains à Hot-Dog si Gadoua abandonne la lutte? Le pain Pom sera alors la seule alternative aux pains baguette et il y a fort à parier que ce dernier aura également du mal à survivre.
D’ici à ce que nous jettions un peu plus de lumière sur toute ces problématiques embrouillées, veuillez recevoir, cher lecteurs, l’expression de ma mise en garde la plus paniquée.
-Raphaël Morissette


